Biographie

Jacques Thévoz (1918-1983), artiste-photographe autodidacte suisse. Après l’ouverture d’un atelier de photographie, il remporte à trois reprises les Bourses Fédérales Suisse des Beaux-Arts. Il pratique la photo commerciale et produit des recherches esthétiques et théoriques (l’esthétique du flou, l’esthétique industrielle) sur le medium photographique. Il rédige souvent les textes qui accompagnent ses images et développe un style personnel et poétique. La pratique de l’écriture engagée, l’amène au journalisme. Il fait partie de l’équipe des pionniers de la Télévision Suisse Romande à Genève. Il devient caméraman puis caméraman-reporter. Ses mandats photographiques le font voyager de plus en plus, il sillonne l’Europe, découvre le Moyen-Orient, l’Inde et l’Afrique. Progressivement il quitte la photographie pour la télévision et le cinéma. Après avoir réalisé des reportages pour des émissions comme Continents sans Visas et Carrefour, il se lance dans la production de ses propres documentaires. En quête d’authenticité, il a réalisé ses derniers films sur des individus hors-norme, qui vivent sans concessions. Son film Rose de Pinsec obtient le Grand Prix de la Gentiane d’Or au Trento Film Festival.

 

 

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Jeanne et Félix Thévoz et leurs 7 enfants, Fribourg, 1921

Après des études d’architecture qu’il abandonne (1932-33), Jacques Thévoz entreprend un apprentissage de sellier-carrossier chez son frère Billy (1934-1937). Dès l’âge de vingt ans, il se consacre à la photographie en autodidacte. En 1948, il s’établit comme photographe professionnel à Fribourg et effectue notamment des reportages photographiques pour diverses revues. En 1953, il ferme boutique et installe un atelier de photographe.

Reportages, création de films d’auteur, expositions et voyages jalonnent la vie de Jacques Thévoz. Il exerce son talent dans un esprit critique et parfaitement libre, attesté par la diversité de son œuvre : des paysages, des natures mortes, des portraits, des nus et de très nombreux reportages en Suisse, dont une partie importante dans le canton de Fribourg, ainsi qu’en Italie, France, Pologne, Togo, Cameroun, Turquie, Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde, Nigéria, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Maroc, Tunisie, …

« Jacques Thévoz s’attache à rendre ce qu’il voit, sans trucages ni artifices. Il approche ses sujets avec sensibilité. En captant des scènes de la vie quotidienne, il crée des images pleines de poésie. Le photographe surprend par l’originalité de ses cadrages. De nature curieuse, les sujets les plus divers intéressent Jacques Thévoz. Son travail photographique témoigne d’une démarche artistique qui ne se laisse pas enfermer dans un seul type de représentation. » Bibliothèque de Genève

En 1949, 1951 et 1952, il obtient la Bourse fédérale des arts appliqués et, en 1955, le Certificat fédéral de capacité de l’Ecole de photographie de Vevey. Il est expert pour la photographie à la Commission fédérale des arts appliqués de 1960 à1962.

De 1959 à 1969, directeur artistique de la communication visuelle pour les usines de Camions Berliet, à Lyon, il entreprend des recherches photographiques en esthétique industrielle.

De 1959 à 1973, il est reporter cameraman pour la Télévision Suisse Romande, en particulier pour l’émission Continent sans visa. En 1962, il réalise son premier film documentaire Quelques aspects de Fribourg vus par Jacques Thévoz, des séries d’émissions pour les départements Jeunesse, Sciences et Education, Culture, ainsi que ses propres films. Dès 1970, il vit et travaille à Genève.

En 1978, il obtient le Prix de la commune d’Ormont-Dessus, au Festival international du film alpin des Diablerets, pour son film Rose de Pinsec, et, en 1979, le Grand Prix du 27e Festival international du film de la montagne et de l’exploration de Trento, Italie.

En 1980, il vend  ses négatifs à l’Etat de Fribourg pour financer Vulcain ou Roger la ferraille, son dernier film.

Jacques Thévoz met fin à ses jours le 1er mars 1983, à Genève.

Le Fonds Jacques Thévoz de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg représente environ 60’000 images. Plus de 2’000 sont accessibles en ligne grâce à un projet de sauvegarde et de mise en valeur mené par la BCU Fribourg, grâce au soutien de Memoriav.